L'intelligence artificielle s'est installée dans notre quotidien, mais que pensent vraiment les utilisateurs de ces nouvelles technologies ? Notre enquête, réalisée auprès de 78 répondants, dresse un portrait nuancé d'une relation complexe avec l'IA : pragmatique dans ses usages, mais aussi vigilante face aux enjeux qu'elle soulève.
L'écriture, premier usage de l'IA
Lorsqu'on interroge les salariés des offices de tourisme de Bretagne sur leurs usages principaux, c'est l'écriture et la réécriture qui arrive largement en tête avec 73% des réponses. Rédaction d'e-mails, création de documents, reformulation de rapports : l'IA s'est imposée comme un assistant rédactionnel pour près de trois quarts des utilisateurs. Les questions pratiques du quotidien suivent avec 41%, devant la recherche d'informations et la génération de contenus visuels ou audio qui obtiennent chacune près de 36%. Le code et l'analyse de données restent plus confidentiels avec 17%, témoignant d'un usage encore majoritairement orienté vers des tâches de communication.

La productivité, moteur de l'enthousiasme
Qu'est-ce qui séduit dans l'IA ? La réponse est sans ambiguïté : plus de 80% des répondants citent la productivité et l'efficacité accélérée comme principal facteur d'enthousiasme. La puissance d'analyse arrive en deuxième position avec 44%, tandis que le progrès scientifique ne recueille que 10% des suffrages. Fait notable : la réduction des inégalités d'accès, souvent mise en avant par les promoteurs de l'IA, ne convainc que 3% des participants. Certains répondants expriment même une absence totale d'enthousiasme, rappelant que l'adoption de ces technologies n'est pas unanime.

Une perception globalement positive mais mesurée
Sur une échelle de 1 à 5, la perception moyenne de l'IA s'établit à 3,38 avec une médiane à 4. Plus de la moitié des répondants (53%) attribuent la note de 4, révélant une vision plutôt favorable. Toutefois, près de 18% des participants se montrent plus réservés avec des notes de 1 ou 2. Cette distribution témoigne d'une communauté qui, si elle reconnaît l'utilité de l'IA, n'en est pas pour autant inconditionnellement conquise.

L'environnement, première source d'inquiétude
Les préoccupations exprimées révèlent une conscience aiguë des enjeux sociétaux. L'impact environnemental arrive en tête avec 76% des réponses, reflétant une sensibilité croissante aux questions de sobriété numérique et de consommation énergétique des centres de données. La désinformation et les enjeux politiques inquiètent 60% des participants, suivis par l'impact social lié aux inégalités et à l'emploi (55%) et les questions de sécurité (50%). Les commentaires libres enrichissent ce tableau avec des préoccupations autour de la dépendance aux Big Tech, de l'atrophie cognitive ou encore de la perte d'authenticité des contenus.

Des utilisateurs réguliers mais pas dépendants
Côté pratique, 41% des répondants déclarent utiliser des outils d'IA plusieurs fois par semaine, tandis que 21% le font une fois par semaine. Environ 19% se limitent à un usage mensuel et près de 13% n'utilisent jamais ces outils. Seuls 6% se décrivent comme utilisateurs en continu. Ce profil d'adoption suggère une intégration progressive et raisonnée plutôt qu'une révolution brutale des pratiques.

ChatGPT, leader incontesté
Sans surprise, ChatGPT domine largement le paysage avec 88% des utilisateurs qui l'ont déjà essayé. Gemini (Google) suit à distance avec 40%, devant Mistral (18%) et Claude (12%). Les outils spécialisés comme NotebookLM, Google AI Studio ou Midjourney restent confidentiels, chacun autour de 7-8%. La catégorie "Autre" révèle une diversification des pratiques avec des mentions de Perplexity, Copilot, Canva, Gamma ou encore des outils plus expérimentaux.

En conclusion
Cette enquête dessine le portrait d'une communauté pragmatique et consciente. Les répondants voient dans l'IA un outil de productivité efficace, particulièrement pour les tâches rédactionnelles, mais restent vigilants face aux impacts environnementaux et sociétaux. Cette double posture, à la fois utilisatrice et critique, témoigne d'une maturité dans l'appréhension de ces technologies par le réseau des offices de tourisme de Bretagne. L'enjeu pour les années à venir sera de concilier les gains de productivité avec une utilisation responsable et éthique de l'intelligence artificielle.
Enquête réalisée auprès de 78 participants (janvier-février 2026)